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LE POURQUOI DU COMMENT

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Affiche promotionnelle du 45 tours « God Save the Queen ». Graphisme, Jamie Reid.

LE POURQUOI DU COMMENT

Où il sera question de la reine d’Angleterre, de l'urbanisme parisien de la fin des années soixante, mais aussi de Bruce Lee, Andy Warhol ainsi que des problèmes auditifs liés à l’abus de décibels et, accessoirement, de graphisme et d’édition.

Parmi les innombrables flyers, fanzines, journaux, disques, cartes de visite, cassettes, posters, dépliants, stickers, T-shirts, badges et autres supports imprimés s'accumulant depuis des années autour de moi – au grand dam de mes proches qui se demandent bien l'intérêt que peut présenter un sac en plastique orné d'un Bruce Lee ramassé sur un marché de Zambie –, figure un de mes plus chers trésors graphiques : une affiche en noir et blanc, soigneusement décollée d'une des palissades ceignant alors le fameux « trou des halles » par un mien camarade qui eut la gentillesse de me la céder. (Quoique, maintenant que j'y repense, et sans remettre en cause la générosité du compère susdit, je me demande si le trésor en question n'avait pas fait, alors, l'objet d'une modeste transaction financière). Il s'agit de l'affiche promotionnelle créée par le graphiste anglais Jamie Reid pour le lancement, en mai 1977, du single « God Save The Queen » des Sex Pistols.


Carré blanc et doigts collants.

Par sa simplicité apparente, son économie de moyens et son insolence absolue, elle représente un de mes premiers chocs graphiques et reste à ce jour, au même titre que la braguette du « Sticky Fingers » des Rolling Stones, la banane Warholienne sur le premier album du Velvet Underground ou le carré blanc du double LP du même nom crée par Richard Hamilton (seulement orné du nom du quatuor de Liverpool embossé ainsi que du numéro de série en bas à droite), un des symbole essentiel de la pop culture du XXᵉ siècle. Ainsi qu'une des raisons qui ont fait que j'ai choisi de consacrer une bonne partie de mon existence à l'image imprimée.

Une autre tenant au fait qu'il fallait bien trouver une solution pour gagner ma vie (puisqu'on était obligé) et que bricoler des visuels et des typos paraissait plus amusant que les autres options disponibles sur le marché.

C'est donc par accident et grâce au rock'n'roll que je suis arrivé au graphisme. Je fais en effet partie de la génération des heureux boomers ayant découvert la musique populaire sur des rondelles de vinyle de belle taille, elles-mêmes insérées dans des pochettes de carton épais au confortable format de 30X30 centimètres. Ou pour être précis, de 31,2X31,2 cm. Et en matière de graphisme, la précision c'est important.

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Pochette de l’album The Velvet Underground and Nico. Graphisme, Andy Warhol.

Épluchage de banane.

Non-content de m'avoir collé de très jolis acouphènes, la consommation à haute dose de décibels s'accompagnant systématiquement de l'épluchage des pochettes sous toutes leurs coutures m'a ainsi permis de découvrir des espaces de créativité visuelle hors de tous canons classiques (et rasoirs). La pop culture représentant alors, un espace de liberté assez peu régenté. L'arrivée du punk et de sa logique D.I.Y. quelques années plus tard paracheva l'affaire grâce à un slogan des plus émancipateurs que je fis mien alors et qui ne m'a plus quitté depuis : fais-le toi même (ou encore, s'il (ou elle) peut le faire, je devrais pouvoir m'y coller aussi. J'ai donc enchaîné, durant une dizaine d'années, affiches, pochettes de disques, création de logos, de têtières de presse, de flyers, jusqu'à des motifs pour textile, des visuels pour tapis... Arriva alors le grand virage du digital que je me refusais à négocier par manque d'intérêt pour le sujet. Étant définitivement un homme de papier, je tentais alors ma chance dans l'édition.
Que le résultat soit à la hauteur de mes prétentions d'alors est une autre affaire, l'essentiel étant toujours de faire. Voilà, en tous cas, pour le pourquoi.

Quant au comment, ce sera l'objet de ses chroniques graphiques que je tenterai de produire de manière régulière (même si je ne me fais guère d'illusions sur cette partie de la proposition). Hormis une réflexion sur ma pratique, il s'agira aussi de rencontrer directeurs artistiques de maison d'éditions, éditeurs, auteurs, libraires et graphistes, afin d'évoquer ensemble les thématiques récurrentes liées à cette pratique bien particulière du graphisme qui consiste à donner envie au lecteur lambda d'acheter tel livre plutôt que tel autre ; j'ai nommé, la création de couvertures de livres.

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LES-ANNÉES-PAPIER

Où l'on évoquera les soirées dansantes, la vie à crédit, la noble famille des Alcidés – par le biais d'un de leurs représentants les plus fameux – ainsi qu'un autre représentant de l'espèce animale traditionnellement utilisé pour la chasse aux rongeurs.